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Étirer le temps
Salut, j’espère que tu vas bien.
Sujet délicat ce matin: la procrastination intelligente. Voici de quoi il s’agit, (je vais me mettre en scène) je dois écrire le premier jet de mon roman (ceci est un exemple). Je retarde le travail en classant mes notes, en les relisant, en biffant certains détails, j’en rajoute d’autres. Je vérifie ces détails pour m’assurer que c’est vraiment conforme. Je recopie mes notes au propre, c’est-à-dire que je les mets sur mon ordinateur. Je mets les notes manuscrites en petites boules de papier sur la table de travail. Avant de commencer tout ça, j’avais regardé l’heure. Je suis maintenant fière de moi, il y a plusieurs petites boules de papier et il y a une heure de passée. Bon, je décide de me faire un café, au lait allongé. (Ça prend plus de temps à préparer)
Je me remets au travail !!!??? Voici un exemple typique de procrastination : je vérifie combien d’oliviers planter sur un hectare, puis un demi-hectare. Mais, avant de poursuivre, je vérifie combien de mètres carrés dans un hectare. Est-ce que ce sont des arbres matures ou de jeunes pousses ? Quelle est la distance idéale entre les arbres pour ne pas entraver le système racinaire ? Comment tailler tout ça quand la récolte est terminée ? L’intérieur de l’arbre doit être exposé pour que le soleil atteigne bien toutes les parties pour que les fruits soient bien mûrs. Combien de litres d’huile d’olive donne un arbre ? Quelle est la hauteur de cet arbre ? Quelles sont les différentes sortes d’oliviers à planter ensemble sur la même parcelle de ce terrain ?
Tous ces détails n’apparaîtront pas dans le roman que j’écris, mais on dirait que je ne peux pas m’empêcher de les chercher. Pendant ce temps, il y a une autre heure de passée.
Voilà que le téléphone sonne. (Je suis sauvée) Une autre procrastination. Une amie me demande ce que je fais. Je lui dis que j’ai travaillé deux heures à mon roman. Elle m’admire en silence. Ça m’a fait du bien. J’y ai moi-même cru. Mais, en réalité, je n’ai pas écrit une seule ligne du roman.
Alors, sans en avoir l’air, j’ai paressé. « Je me suis empêtré les pieds dans les fleurs du tapis. » En d’autres mots, j’ai perdu mon temps. J’ai procrastiné.
Bonne journée,
Denise
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Je suis audacieuse
Salut, j’espère que tu vas bien.
Aujourd’hui, je vais te faire deux révélations. Oui, tu as bien lu, deux. Pour commencer, mon deuxième roman est écrit à la première personne du singulier. C’est un procédé immersif très puissant. J’ai choisi cette façon d’écrire pour créer une intimité avec toi, mon lecteur. De plus, je voulais, de cette manière, que tu puisses t’identifier au personnage principal. Je voulais que tu sois partie prenante de l’histoire.
Autre tour de passe-passe: je suis une femme et mon personnage principal est un homme et j’écris en termes de « je ». Il fallait donc que je me mette à sa place, que j’aie sa vision du monde et celle de la réalité qui l’entoure.
Comme chacun sait, un homme et une femme ne pensent pas pareil. Ce fut pour moi toute une aventure. C’était passionnant. Vraiment!
C’était un grand risque à prendre, mais « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » Corneille.
J’en profite pour remercier celles et ceux qui ont acheté mon roman: Réussir ma vengeance. Du tirage originel, j’ai dû en faire imprimer d’autres à deux reprises. Wow ! La belle surprise.
Comme tu as dû le deviner, je travaille à mon troisième roman, pour ton plus grand plaisir. Maintenant que je sais que tu achètes mes livres, je ne te laisserai pas tomber.
Bonne fin de semaine,
Denise
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État des lieux
Salut, j’espère que tu vas bien.
Curieusement, hier, je voulais travailler sur le treizième personnage de mon troisième roman et je ne l’ai pas fait. Voici ce qui s’est passé: je me demandais dans quel quartier de la ville de Montréal allait se passer le début de mon roman. Également dans quel type de maison. Je l’ai choisi et j’ai choisi de décrire les endroits clés pareillement. Le type de maison allait de soi, car je connais bien ce quartier. Tout s’est mis à s’enchaîner dans ma tête, comme si j’avais trouvé plusieurs morceaux d’un casse-tête géant. J’ai décrit cinq lieux différents et j’ai revisité des moments de mon enfance et certains moments de mon jeune âge adulte avec ma première épouse (paix à son âme). C’était vraiment beau, rempli de souvenirs positifs. Ça m’a fait le plus grand bien. C’est fou où parfois l’écriture d’un roman peut nous amener. Je ne manquerai pas d’utiliser toutes ces impressions et sentiments et de te les faire vivre au travers mon personnage principal. J’ai hâte d’être rendu là. Puisque écrire un roman, c’est partager.
Bon, je te laisse là-dessus
Bonne fin de semaine
Denise
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Vivre d’espoir et d’eau fraîche
Salut, j’espère tu vas bien?
C’est quoi au juste l’espoir ? Je crois que c’est penser qu’il va y avoir de l’amélioration d’une situation. C’est être optimiste. Avoir l’espoir de se sortir d’une situation, c’est penser que la situation sera meilleure.
Mon père disait toujours qu’il fallait avoir « la capacité d’adaptation ». Il avait raison. Si la situation ne change pas réellement, il me faut trouver un moyen de m’y adapter. J’essaie de regarder la situation sous tous les angles. Un peu comme un diamant a plusieurs facettes, ce sont ces multiples facettes qui font que la lumière brille dessus et que les reflets sont magnifiques.
Je tente de mettre de côté mes contrariétés et j’attends de voir comment la situation va évoluer. La patience n’est pas une de mes qualités. Quand je fais un projet, j’aime avoir le résultat, le plus tôt possible. Alors, s’il me faut attendre plusieurs jours voir plusieurs semaines, cela ne me plaît pas.
Si je peux changer quoi que ce soit pour améliorer la situation, je vais tout mettre en œuvre pour y arriver. Alors c’est là que je peux espérer de bons résultats. Je suis une acharnée de travail. Si j’ai besoin d’aide, je vais m’informer et trouver de l’aide.
S’il faut que j’injecte plus d’argent dans le projet, même si cela me contrarie, je vais le faire, car j’ai l’espoir que c’est juste comme ça que la situation va s’arranger. Je le fais même si cela semble complètement illogique. En ce qui a trait à l’échec, cela est difficilement envisageable. À vrai dire, ce n’est pas une option. Soit, je réussis, soit j’apprends.
Bonne journée,
Denise
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Un mystère résolu
Salut, comment tu vas ce matin?
Ce matin, j’éclaircis un mystère pour toi.
Quand tu lis un livre, tu ne te doutes pas qu’au moins 40% du texte original a été jeté ou brûlé pour ne faire place qu’à la version définitive. Je t’explique.
Le premier jet, c’est-à-dire la première version du livre, est écrit à partir d’un plan ou du moins d’une ligne directrice que l’autrice a élaborée en amont. Dans mon cas, je fais un plan détaillé. Par la suite, ce premier jet, est relu et plusieurs paragraphes, parfois des chapitres entiers, sont enlevés. Les raisons sont assez simples pour faire ces choix : quelquefois, les descriptions sont trop longues, occasionnellement certains détails sont inutiles, ils ne font pas avancer l’histoire et même occasionnellement il y a un ou des personnages de trop.
Résultat des courses: le deuxième jet est le résultat du premier jet moins 20%
Pour en arriver au troisième jet, qui dans mon cas a été la version définitive, dans mon premier roman, le premier chapitre a été complètement transformé, un chapitre entier a été enlevé, un personnage a été enlevé et la fin du roman a été refaite au complet.
Résultat final: la version définitive est le résultat du deuxième jet moins 20 %. Tu auras compris que 40 % de ce que j’avais écrit ont été détruits et que mon roman tel qu’il a été présenté a été épuré pour ne donner qu’une version avec un rythme plus « punché »
Ce matin, mon café est une « Création Barista Caramel crème brûlée. » Voici ce que l’on en dit: « l’ajout d’un arôme de caramel à un espresso Arabica d’Amérique latine vient tempérer ses notes grillées. Le goût est riche et crémeux. »
Bonne journée
Denise

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Être sélectionné par un éditeur
Salut, j’espère que tu vas bien.
Chaque année, une maison d’édition traditionnelle reçoit de huit cents à mille romans par année. Sur mille romans, 1% sera publié. Mais, attention, cela veut dire qu’ils vont en publier dix. Sur ces dix, huit seront des romans d’auteurs qui ont déjà publié avec cette maison et deux seront de nouveaux auteurs. Des illustres inconnus comme moi à leurs yeux.
Quand le roman arrive à la maison d’édition, souvent seulement dix à trente pages sont lues et à partir de là, ça leur donne une bonne idée, s’ils veulent le publier ou non. Tu te rends compte?
Ils ne veulent pas uniquement un roman écrit sans fautes, ils cherchent un auteur qui a sa propre « voix littéraire ». Une manière toute particulière d’écrire. Ils cherchent « une perle ». Ils veulent avoir un « coup de cœur ». Ils cherchent un auteur qui a sa propre « façon de voir le monde. »
Tu vois où je veux en venir, alors pour avoir du succès, comme disait un chirurgien avec qui j’ai travaillé pendant des années: « Le talent, c’est 1%, le reste, c’est 99% de travail. »
Alors, pour être publié, je crois que j’ai ce qu’il faut, mais me faudra-t-il également de la chance ? Que mon roman ne soit pas lu un lundi matin trop tôt. Ou un vendredi soir trop tard. Que tous les membres du comité de lecture soit de bonne humeur. Que ce ne soit pas une journée pluvieuse. Que le petit ait réussi sa partie de football. Que la bourse soit à la hausse. Que le patron ait accordé une augmentation. Qu’il n’y avait pas trop de trafic ce matin sur le pont. Que le Canadien ait gagné le match. Enfin, tu vois ce que je veux dire. Ça ne dépend pas uniquement de moi 😉
Comme tu vois, ce n’est pas la modestie qui m’étouffe, car je suis convaincue que j’ai écrit « une œuvre magistrale ». (Ici, je parle de mon deuxième roman)
Les expressions et phrases entre guillemets ne sont pas de moi. Une chance 😉
Bonne journée,
Denise
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Les feuilles d’automne
Salut, j’espère que tu vas bien!
Je suis à la campagne, le ciel est bleu azur, le soleil brille de mille feux. Les arbres semblent embrasés de rouge, de doré et d’ambre, plusieurs érables érables paraissent en feu. Les feuilles tourbillonnent dans la brise tiède. J’entends les cris des bernaches dans leur va-et-vient de leur valse migratoire. Je respire l’odeur de la terre fraîche, mêlée à celle des pommes sauvages. J’entends crépiter mon feu dans le foyer et je ramasse les feuilles sur mon terrain, quand soudain…
Mon voisin sort sa souffleuse à feuilles au gaz. Le bruit de cette machine infernale dépasse 85 décibels, assez pour endommager l’ouïe, et le gaz pollue tout l’environnement. Il fait de multiples tas avec ses feuilles et de plus, il a décidé de les brûler dans son foyer dehors. Voici que l’air est rempli d’oxyde d’azote et d’hydrocarbures. Ce n’est pas bon pour la santé. Et, toute cette fumée que je respire malgré moi. C’est vraiment désagréable.
En quelques instants, mon moment préféré de l’automne est complètement gâché. Je planifiais de manger mon pique-nique dehors, oublie ça.
Alors, je pensais à une citation de Jean-Paul Sartre : « L’enfer, c’est les autres. » Tirée de sa pièce de théâtre Huis clos.
Bonne journée
Denise
P.S.: C’était un souvenir de l’an passé
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Je suis de retour avec la vérité
Salut, j’espère que tu vas bien.
Voici la vérité: comme ils n’ont pas encore inventé une tombe à deux places, je dois survivre.
Survivre est le début, c’est exister dans cette non-vie sans toi. Ça c’était au commencement.
Je reviens de loin. Maintenant que j’ai appris à vivre ma vie, un second deuil vient m’accabler. Un deuil dans un deuil.
C’est comme si je venais de sortir des soins intensifs entre la vie et la mort et là on m’annonce que j’ai une maladie très grave. Tu me suis?
Où je trouve le courage ? Ta question est bonne. J’ai la foi et je prie.
À présent, deuxième partie de ma vérité, je veux refaire ma vie et rencontrer à nouveau l’amour sur mon chemin.
Pourquoi je pense à ça ? En ce moment ? Eh bien parce que la mort fait partie de la vie et que les gens qui sont morts et qui m’aimaient ne voudraient pas que je reste seule. Ils voudraient me voir heureuse.
Quand j’entends certaines personnes me dire: « Moi à ta place… toi à ma place tu n’aurais pas survécu. Point barre. »
Patiente une minute s’il te plaît… Comme je pleure avec mes lunettes, elles sont toutes embrouillées.
Bon voilà. Je te souhaite une bonne fin de semaine et surtout, ne sois pas trop sage.
Denise
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Attends-moi s’il te plaît, je reviens bientôt. Je vis un deuil. Denise
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Pourquoi vivre, pourquoi souffrir, pourquoi mourir?
Salut, j’espère que tu vas bien.
Comme tu as pu le constater, ce matin, j’ai plusieurs questions en tête et peu de réponses.
Bon, depuis que je suis au monde, je suis intéressé par l’amour. J’ai eu énormément de chance d’être la fille de parents aimants. Il y a eu une multitude de monde autour de moi qui m’ont aimé. Ma grand-mère maternelle. Mon grand-père maternel qui vivait avec nous dans la même maison. Il s’est grandement occupé de moi et il m’a enseigné beaucoup de choses. Il m’emmenait avec lui souvent dans ses sorties. Chez le « Chinois » sur la rue St-Hubert pour aller chercher ses chemises blanches fraîchement repassées. Au marché public pour aller acheter son tabac pour sa pipe et des « Peanuts » en écaille. Il prenait soin de faire un petit trou dans le sac de jute avec son canif, pour que je puisse en manger sur le chemin du retour. J’étais assis sur l’immense sac, dans une petite voiture de bois qu’il tirait jusqu’à la maison. Il a choisi mon prénom.
Ma tante Marcelle, la sœur de mon père, était complètement folle de moi. Elle me vouait un amour profond, et ce dès qu’elle a posé ses yeux sur moi. Elle me donnait mon bain, comme bébé, elle m’huilait, me poudrait, me parfumait. Me dorlotait, me berçait.
Il y avait mon oncle Jules, le frère de ma mère, qui venait nous rendre visite une semaine en juillet, directement des États-Unis, de New Bedford, pour être exact. Il m’aimait beaucoup, d’ailleurs, il m’appelait: « My sister. »
Ma tante Liliane, que nous appelions « ma tante » mais qui était une amie de la famille. Elle parlait souvent avec moi. Un jour, elle a voulu me donner une chienne caniche géante de son élevage qui se nommait Mathilda. Un amour de chien. Maman n’a pas voulu.
Je pourrais continuer longtemps ainsi. Plein, plein de personnes m’ont aimé dans ma famille, à l’école et dans mon travail. J’ai toujours eu beaucoup d’amis. J’ai eu l’immense chance d’avoir des amoureuses et deux épouses.
Je me suis intéressé à ce phénomène qu’est l’amour, dès mon plus jeune âge. Phénomène dont tout le monde parlait et chantait. J’en ai conclu que c’était la raison pour laquelle j’étais sur terre: pour aimer et être adoré. C’était ma raison de vivre et je pense encore de cette façon aujourd’hui.
Pourquoi souffrir, je ne connais pas la réponse à cette question, tout ce que je sais, c’est que cela semble être l’apanage de tous les êtres humains.
Pourquoi mourir: comme il y a un commencement, il y a une fin. Quand la raison pour laquelle nous sommes venus sur terre est accomplie, quand nous avons appris la leçon, nous mourrons.
À la fin de mon secondaire, le titre de ce billet avait été une question d’examen, il fallait la développer. Je me souviens que j’avais eu 97% à l’examen. Il faut croire que j’avais compris quelque chose, même à cette époque.
Bonne journée
Denise
