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La plume à la main

Le gueuloir

Salut, j’espère que tu vas bien.

Le « gueuloir » est une expression inventée par Gustave Flaubert. Qu’est-ce que c’est: en fait c’est relire son texte à voix haute pour en vérifier la musicalité.

Le rythme du texte est très intéressant. Comment faire: en agençant des phrases longues et des courtes. La longueur des mots, les structures syllabiques, le nombre de syllabes par groupe de mots influencent la cadence du texte.

Comment miner le silence ou ralentir la lecture du texte ? Voici, c’est la ponctuation qui s’en occupe. Les points, les virgules et les points de suspension (j’adore les points de suspension) agissent comme des pauses dans la respiration. Ils sont imposés au lecteur pour reprendre son souffle.

Alors, oui, quand je relis le premier jet de mon roman, je le relis à voix haute, ce qui me permet d’en corriger la musicalité. Si je bute sur un mot, je le change. Si je me sens essoufflée à lire une phrase trop longue, je la change. Si ce que je raconte est dramatique, mais que je ne ressens pas le drame. Je réécris le paragraphe tout entier en y insérant des phrases plus courtes pour en accélérer la lecture, je choisis des mots plus percutants, je rajoute des sentiments, des ressentis dans la bouche de mon personnage. Je resserre le texte. J’utilise mes cinq sens dans la description (enfin, ceux de mon personnage).

En final, je lui fais faire une crise de nerfs, de larmes, d’angoisse, de découragement et je le fais agir ou pas.

Bonne journée

Denise


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